Aubade

N. Artsybushev

Ma beauté, je te salue,

Et joyeux je viens t'apprendre,

Qu'au soleil s'enfuit la nue:

Un rayon luit pur et tendre.

La forêt soudain s'éveille,

Les oiseaux, peuplant la branche,

Joyeux chantent, c'est merveille,

Voulant boire l'aube blanche!

Et je viens te dire encore,

Que toujours j'ai même flamme:

Comme avant ce cœur t'adore!

A tes pieds je mets mon âme!

Je viens dire ma tendresse,

Mon espoir, mon allégresse!

Ma joie est si grande que pourtant

Je cherche en vain un tendre chant;

Viens m'inspirer, déesse!