La fuite des heures
N. Lavenant
Je sais un petit pré sur la haute falaise
Où le thym parfumé croît dans le vert gazon;
La mer et les rochers ferment tout l'horizon,
Et pour prendre son vol l'âme s'y sent à l'aise.
Je vous y conduisis par un jour de ciel bleu:
Sous votre grand chapeau de paille d'Italie
Vos cheveux dénoués vous faisaient bien jolie;
La mer calme semblait le sourire d'un Dieu.
Vos pieds chaussés de noir posaient au bord des mousses;
Votre âme apparaissait sur le bord de vos yeux;
Et moi, les regardant, je sentais, soucieux,
Lentement, à jamais, passer ces heures douces.