Le départ des cavaliers

Piccinni, Niccolò

Un cri formidable est parti

Du séjour du tonnerre;

Toute la France a retenti

D'un nouveau bruit de guerre.

L'enclume de Vulcain gémit;

Pallas prend son armure;

Epouvanté, l'écho frémit

Et laisse un long murmure.

Allez, allez, ardents coursiers

Qu'appelle la patrie,

Servir dans les champs de lauriers

Une cause chérie!

Que chacun de vous en succès

Luttant d'ardeur égale,

Soit d'un Alexandre français

Le nouveau Bucéphale!

Aux sons que viennent de lancer

Les trompettes guerrières

Déjà je vois se hérisser

Vos flottantes crinières;

Je vois dans vos regards brûlants

Les feux de la vaillance,

Et sous vos pieds étincelants

Ceux de l'impatience.

Enfin le signal est donné

A leur brûlante audace;

Ils partent, et l'oeil étonné

Les cherche dans l'espace.

La France a reçu leurs adieux;

Ils volent à la gloire

Et des hennissements joyeux

Sont leurs chants de victoire.