Ode

Ned Rorem

Je te salue heureuse Paix,

Je te salue et re-salue:

Toy seule Déesse tu fais

Que la vie soit mieux voulue.

Ainsi que les champs tapissez

De pampre, ou d'espics herissez

Desirent les filles des nues

Apres les chaleurs survenues,

Ainsi la France t'attendoit,

Douce nourriciere des hommes,

Douce rosee qui consommes

La chaleur qui trop nous ardoit.

Tu as esteint tout l'ennuy

Des guerres injurieuses,

Faisant flamber aujourd'huy

Tes graces victorieuses.

En lieu du fer outrageux,

Des menaces et des flammes,

Tu nous ramènes les jeux,

Le bal et l'amour des Dames,

Travaux mignards et plaisants

À l'ardeur des jeunes ans.