Ses yeux

P. Beaufre

Celle que j'aime a des yeux de vierge

De l'or qui dort, de l'ombre qui luit:

On croirait la flamme d'un cierge

Dans la chapelle où tremble la nuit;

On croirait voir un vitrail mystique

Où l'aube chaste allume des fleurs,

Et qui promène aux murs du portique

Sa mosaïque aux fines couleurs.

Son regard d'ange éclaire les choses

D'une lueur qui les fait aimer:

L'air qu'il caresse est peuplée de roses

Où mon amour vient se parfumer.

Lorsqu'un reflet de sa longue flamme

Daigne effleurer mon front abattu,

Je sens frémir au fond de mon âme

De la lumière et de la vertu.