Nocturne

P. de Maurice

Homme venu de loin, qui chantes sur la route

Et marches dans l'odeur des prés qu'on ne voit pas

Elle est belle ta voix que la nuit seule écoute en silence

Tenant le jour entre ses bras.

La Nuit couchée au loin sur le noir paysage,

Pleure en vain sa rosée et d'un geste muet

Recueille dans ses mains et porte à son visage

La trace chaude encore du jour qui la fuyait.

Eparses dans le noir qui donne le vertige

Sur les bois agités de frissons incertains

Les étoiles s'en vont telles des fleurs sans tiges

Que le soir par dessus l'ombre lance au matin.