Le Billet

P. Duchambge

Quand je t'écris à l'ombre du mystère,

Je crois te voir et te parler tout bas;

Mais, je l'avoue, en ce lieu solitaire,

Tout est tranquille, et mon cœur ne l'est pas,

Quand je t'écris.

En vain j'écris: quand l'âme est oppressée,

Le temps s'arrête: il n'a plus d'avenir.

Non, loin de toi, je n'ai qu'une pensée,

Et mon bonheur n'est plus qu'un souvenir:

En vain j'écris.

Si tu m'écris, je vais t'attendre encore;

Mais, si ton cœur n'est plus tel qu'autrefois,

Fais que toujours, fais que le mien l'ignore!

S'il est constant, dis un mot; je le crois,

Si tu l'écris.