Romance d'Arabelle

P. Garat

Le noble Arthus fut aimé d'Arabelle,

Qui pour lui seul avait connu l'amour;

Dissimulant sa blessure mortelle,

Elle brûlait sans espoir de retour.

Dieu fasse paix à qui brûle comme elle!

Les doigts errans sur sa harpe fidèle,

Elle venait, à l'approche des nuits,

Sous les créneaux de la sombre tourelle

Gémir dans l'ombre et chanter ses ennuis.

Dieu fasse paix a qui gémit comme elle!

Un soir, cédant à sa peine cruelle,

L'infortunée à jamais disparut,

Et, loin d'Arthus, la plaintive Arabelle

Ne pleura point; hélas! elle mourut.

Dieu fasse paix a qui mourra comme elle!