Aubade familière

P. Lacôme d'Estalenx

Des bords vermeils du ciel changeant

Voici que la clarté ruisselle

Et que la rosée étincelle

Partout en poussière d'argent.

Quand, sur la bruyère endormie,

Se posera ton pied mutin,

Toutes les splendeurs du matin

S'éveilleront pour te fêter, ô mon amie!

L'alouette dans le ciel clair,

Au bord du toit les hirondelles,

Partout un frémissement d'ailes

Met un frisson joyeux dans l'air.

-- Quand près de la source endormie,

Tu viendras parmi les roseaux,

Toutes les chansons des oiseaux

S'éveilleront pour te charmer, ô mon amie!

Des bois qui bordent le chemin

Monte et se répand sur la plaine

Un souffle où se confond l'haleine

Des violettes et du jasmin.

-- Quand sous la feuillée endormie,

Nous marcherons d'un pas distrait,

Tous les parfums de la forêt

S'éveilleront pour t'embaumer, ô mon amie!