Chanson arabe

P. Lacôme d'Estalenx

Voyageur, laisse le doux rêve

Où tu vois passer les houris;

Car déjà le simoun soulève

Les sables à l'horizon gris.

Fuyez les brûlantes haleines,

Hâtez-vous, jeunes chameliers,

Car Elim a douze fontaines

Avec soixante-dix palmiers.

Zorah, jadis, à la gazelle

Avait, dit-on, volé ses yeux

Et sa voix à la tourterelle,

Bien longs étaient ses noirs cheveux.

Chacun voulait porter ses chaînes,

Mais nul ne savait la charmer.

Elim a ses douze fontaines

Avec soixante-dix palmiers.

Pourtant de la terre étrangère

Un beau cavalier vint un jour;

De Zorah, jusqu'alors si fière,

Le coeur tressaillit à son tour.

La brise en soufflant sur les plaines,

Le soir près d'eux vint murmurer:

Elim a ses douze fontaines

Avec soixante-dix palmiers.