Nysa

P. Lacôme d'Estalenx

Nysa, le temps qui, d'un coup d'aile,

Brise les fleurs, a respecte

Le souvenir doux et fidèle

Qui de ton amour m'est resté.

Sur mon cœur saigne encor la place

Où ton pied divin se posa.

D'attendre en pleurant il se lasse.

Avant que l'age ne le glace,

Reviens, Nysa!

Nysa, la saison est pareille

A celle, où, baisant tes cheveux,

Sans dire un mot à ton oreille

Je te fis de tremblants aveux.

Toutes les fleurs se sont rouvertes

Que le vent d'automne brisa.

De nids chanteurs les branches vertes,

Comme en ce temps-là, sont couvertes...

Reviens, Nysa!

Nysa, crains que l'hiver morose

Sur nos fronts encore une fois

N'effeuille la dernière rose,

N'étouffe la dernière voix;

Ne laisse pas s'enfuir le rêve

Dont l'aube sur nous se posa.

Le vent qui passe sur la grève

Nous dit: Aimez! car l'heure est brève!

Reviens, Nysa!