Te Deam

P. Lacôme d'Estalenx

Te Deam laudamus

, en ta gloire éternelle,

O Beauté dont la gloire a traversé mes cieux,

Brûlant d'un sillon d'or l'éther silencieux,

Comme les feux sacrés que la Nuit porte en elle.

Te Deam laudamus

! Vers ton être vainqueur,

Comme un parfum tremblant d'encens ou de cinname,

Des adorations s'envolent de mon àme,

Et de lents hosannas s'exhalent de mon cœur.

Te Deam laudamus

! Tout est cendre et fumée,

Hors l'éclat de ton front plein de rayonnements;

Et dans le cours obscur des rapides moments,

Il n'est long souvenir que de t'avoir aimée!

Te Deam laudamus

! La majesté des lis,

L'orgueil des Orients sur leur route pourprée,

La splendeur de la Mer par les couchants dorée

Inclinent devant Toi leurs honneurs abolis.

Te Deam laudamus

! Ah! jusqu'à ton oreille,

Laisse, sans la pencher, monter mon chant amer,

Avec l'hymne des lis, du Jour et de la Mer,

Beauté, Fille des Dieux, immortelle merveille!