Au bord de la mer

P. Ponthus

Debout, sur les rochers où ta voix se lamente,

M'enivrant de ta force et de ta majesté,

Je te vois tantôt calme et tantôt véhémente,

Déserte immensité!

Ô mer, je t'aime ainsi, sublime, solitaire.

Repoussant les pêcheurs, dédaignant les vaisseaux.

Et semblant tour à tour plaindre ou railler la terre

Avec les cris stridents qui sortent de tes eaux.

Oh! que nous voulez-vous, vagues insidieuses!

Parfois vous vous dressez avec des bruits si doux

Que l'essaim éperdu des âmes malheureuses

Voudrait aller à vous.

Montez, monte, vers ceux que l'angoisse consume!

Couvrez leurs pieds lassés et leurs fronts abattus;

Ensevelissez-les dans votre blanche écume.

Vous pleurerez sur eux quand ils ne seront plus.