Vague tristesse

P. Vidal

Ah! l'amour!...ah! l'amour!... Le printemps s'est enfui.

La feuille jaunit et tombe avec plainte;

Aux champs ne germe plus qu'ennui.

...Ah! notre flamme éteinte!

Lentement!...nous allions. Dans le parc ensablé,

Sous nos pas, le verglas, fragile sensitive!

Gémissait; ses soupirs apeurèrent la grive...

Et semblablement notre espoir s'en est allé!

-- Moi, crédule et naïf! toi franche, mais volage!

Nous causions, enlacés. Or ton front radieux

S'attrista, reflété par mon œil soucieux...

Maintenant nos cœurs sont comme une nuit d'orage.

-- La pluie, autour de nous, perlait, fin diamant

Terni par une brume appesantie et stable...

Ainsi que ce brouillard, une indéfinissable

Pensée enveloppa notre esprit... lentement!

Tandis que la nature,

Trop lasse, hélas! d'un triste jour,

Revêtira son manteau de verdure:

Le printemps renaîtra,... mais l'amour! mais l'amour!