Les bois

Paladilhe

Les bois, lavés par les rosées,

Pleurent sur la mousse et le thym,

Et bercent au vent incertain

Leurs feuilles longtemps reposées.

Les fleurs que rougit le matin,

Comme des urnes épuisées,

Ouvre leurs corolles rosées

Où l'abeille fait son butin.

Mais qu'importent l'aube divine,

La fleur qu'un rayon illumine

Les bois, l'abeille et le ciel bleu!

L'amour me consume et m'inonde,

Et je presse, oublieux du monde,

Tes pieds nus sous ma lèvre en feu!