Chanson d'Orkenise

Poulenc, Francis

Par les portes d'Orkenise

Veut entrer un charretier.

Par les portes d'Orkenise

Veut sortir un va-nu-pieds.

Et les gardes de la ville

Courant sus au va-nu-pieds:

'Qu'emportes-tu de la ville?'

'J'y laisse mon coeur entier.'

Et les gardes de la ville

Courant sus au charretier:

'Qu'apportes-tu dans la ville?'

'Mon coeur pour me marier!'

Que de coeurs, dans Orkenise!

Les gardes riaient, riaient.

Va-nu-pieds la route est grise,

L'amour grise, ô charretier.

Les beaux gardes de la ville

Tricotaient superbement;

Puis les portes de la ville

Se fermèrent lentement.