Fagnes de Wallonie

Poulenc, Francis

Tant de tristesses plénières

Prirent mon cœur aux fagnes désolées

Quand las j'ai reposé dans les sapinières

Le poids des kilomètres pendant que râlait

le vent d'ouest.

J'avais quitté le joli bois

Les écureuils y sont restés

Ma pipe essayait de faire des nuages

Au ciel

Qui restait pur obstinément.

Je n'ai confié aucun secret sinon une chanson énigmatique

Aux tourbières humides

Les bruyères fleurant le miel

Attiraient les abeilles

Et mes pieds endoloris

Foulaient les myrtilles et les airelles

Tendrement mariée

Nord

La vie s'y tord

En arbres forts

Et tors.

La vie y mord

La mort

À belles dents

Quand bruit le vent