L'âme des iris

R. Baton

C'est la petite fille pensive

Qui a croisé ses deux mains

Et qui a fermé les yeux

Pour entendre chanter son âme.

Sœur fragile des iris,

Elle se tient là si pâle,

Que peut-être elle est endormie

Au chant léger de son âme jolie.

Alors des cygnes nagent vers elle,

Les lys se mettent à pleurer,

La nuit n'ose plus s'en aller,

Et peut-être c'est qu'elle est morte.

Tout le ciel descend sur son cœur,

Et les étoiles sur ses cheveux,

Et l'ombre met ses mains sur ses yeux:

Et si Jésus était là, il pleurerait.