Art poétique. Impuissance
R. Caby
Ah, puisque j'ai touché les parois de la boîte
Je serai le Persée des têtes de méduse
Que je puisse me crever mon cœur impuissant
Et sur le papier neuf faire couler mon sang
Homme perdu au milieu des arbres,
D'apparence joyeuse avec mille petits cris de rat
La source du regard et celle de l'Esprit
L'animal austère est une circonférence
Dont le centre est la plume qui écrit
Autour de la meule est l'apparence
Mauvais sage, si mauvais. Dieu t'ignore
Voix claire du poète sonore
J'aimerais mieux l'obstruction de la gorge
Et l'empechement de parler
Que le gloussement d'un poulet
Qui fait pendant à tel hoquet de volaille
Je mastique les douleurs je les avale.
Les bavards sont des gens établis
Je préfère le silence injurié
Pour reveilles mon ventre au son des paroles séditieuses
Petit malade bourrelé de bois la voix, plante d'or
Quand se recourbera-t-elle audessus de ta mort?
Sans pouvoir dire un mot de plus
Que l'homme enterre vivant
Tu es rongé par les insectes entêtés avec leurs fils noirs
Que tu sens bien du matin au soir
Je connais le règlement
Je ne suis pas sans une incapable intelligence
Je complote, je me consulte, je poursuis une affaire
d'art mais qui ouvrira mon corps pour écrire des vers
La lanterne. La lanterne le soir après l'emeute
Diogène cherche un homme; c'est Lui.
C'est moi, c'est Vous, c'est Vous
Seigneur Jésus que je cherche
Comme la santé où qu'elle perche.