L'Orfèvre d'Orkenise

R. Caby

À Orkenise, pour un bel orfèvre blond

Les filles, chaque nuit, s'endormaient, indécises,

C'est un soir, quand s'en vient la dame très éprise

Chez le plus bel orfèvre pâle d'Orkenise.

« Viens, la main dans la main, trouver un clair vallon.

Tu auras pour fermail de ton col mes doigts blêmes,

À orfévrer nos cheveux d'or, ô toi que j'aime.

Nous nous aimerons à en perdre le baptême. »

Dans les vergers de la contrée d'Escavalon,

Les filles ont pleuré, chaque année, leur méprise.

Au val, les bras sont las, les chevelures grises

Ces lourds joyaux de cet orfèvre d'Orkenise !…