Trois jours sont jà passés, que je suis affamé
R. Caby
Trois jours ont jà passé que je suis affamé
De votre doux regard, et qu'à l'enfant je semble
Que sa nourrice laisse, et qui crie et qui tremble
De faim en son berceau, dont il est consommé.
Puisque mon œil ne voit le vôtre tant aimé
Qui ma vie et ma mort en un regard assemble,
Vous deviez, pour le moins, m'écrire, ce me semble;
Mais vous avez le cœur d'un rocher enfermé.
Fière, ingrate beauté, trop hautement superbe,
Votre courage dur n'a pitié de l'amour,
Ni de mon pâle teint jà flétri comme une herbe.
Si je suis sans vous voir deux heures à séjour
Par épreuve je sens ce qu'on dit en proverbe:
L'amoureux qui attend se vieillit en un jour.