Adieux à l’étranger

R. Dussaut

L'étranger venu de l'occident sombre,

Quand le croissant béni scintillera dans l'ombre

Et fleurira le ciel, là-bas, vers l'inconnu,

Reprendra son chemin.

Ô plus cher que moi-même,

Passant mystérieux aux regards de saphir,

Aime un peu qui t'aime, jusques à mourir.

Hélas! je ne sais quel est ton langage

Et comme en ton pays on nomme le mirage

Que nous nommons l'Amour.

Un soir, quand tu passais, je t'ai donné mon cœur

Et, malgré l'anathème,

Plus rien je n'aimerai que ton cher souvenir.

Aime un peu qui t'aime, jusques à mourir.

Mais le regard dit ce qui tait la lèvre,

Et le mien t'a conté la délirante fièvre

Que me fait endurer ce silence maudit.

Ah! si tu pars ce soir, dans un adieu suprême,

Que mon premier baiser soit mon dernier soupir.

Aime un peu qui t'aime, jusques à mourir.