Quand tu verras mourir
R. Fol
Quand tu verras mourir un ami de ton âge
Et s'évaporer la rougeur
De son visage,
Déjà tout enduit de néant,
Envie-le comme un voyageur.
Qui va faire un interminable et célèbre voyage
Après les derniers gestes, et cette
pesante inertie de la mort
Espère connaitre aussi bientôt
Comme espère celui qui reste sur le quai après de départ du bateau
Le Havre, ce Cherbourg, ce Brest...
Le départ sans navire et sans rives et sans eau
Cette lourdeur du corps dont l'âme se déleste