À un portrait
R. Goberna
Ô cher petit portrait, que toujours je caresse,
Seul trésor possédé par mon cœur ici-bas
Laisse-moi contempler ta grâce enchanteresse
On ne lèvera pas.
Reçois les doux baisers que tombent de ma lèvre
Sur ton front, sur tes yeux, sur tes chastes appas;
Celui a qui je les donne, en apaisant ma fièvre,
Ne les sentira pas.
Mon cœur est dévoré d'une amertume extrême,
Ah! laisse-moi pleurer et te dire bien bas:
Je souffre et je meure, mon trésor, je t'aime,
On ne l'entendra pas.