Lettre à une Espagnole

R. Laparra

Niña, sur un fond de rêve,

Je vois ton corps plein d'accents,

Ton corps tout brûlé de sève,

Couleur d'aurore et de sang

Au printemps.

Les flamencos faisaient rage.

Une rouge fleur au satin

Jaune de ton long corsage,

Tu dansais, le rire hautain,

L'éclair à l'œil,

Sous la mantille en deuil…

Ay!

Niña, ce moment si beau,

Combien mon cœur le paya!

A la fête de San Antoño

Je sentis le tourment d'un Goya…

Niña!