Sonnet

R. Levy

Dedans un pré je vis une Naiade,

Qui comme fleur marchoit dessus les fleurs,

Et mignottoit un bouquet de couleurs,

Echevelée en simple verdugade.

De son regard ma raison fut malade,

Mon front pensif, mes yeux chargez de pleurs,

Mon cœur perclus: tel amas de douleurs

En ma franchise imprima son œillade.

Là je senty dedans mes yeux voiler

Un dous venin, subtil à s'escouler

Au fond de l'ame, où le mal est extresme:

Puis comme un liz de la gresle froissé

Languist à bas, j'eu le cœur abaissé,

Et dans mon feu je m'immolay moy-mesme.