Dans l'été

Reynaldo Hahn

Un danger circule à l'ombre,

Au chant de l'oiseau

Qui descend, quand il fait sombre,

Se plaindre au roseau;

Alors tout ce qui respire

Se prend à rêver

Et le ruisseau qui soupire

Semble l'éprouver.

Partout les nids et les ailes

Tremblent doucement,

Dénonçant, des tourterelles,

L'entretien charmant.

L'été brûle avec mystère

Dans les lits en fleurs

Des seuls amants de la terre

Sans haine et sans peur.

Été, si, trop jeune encore

Pour fuir un danger,

L'enfant rêveur que j'adore

S'attarde au verger,

Laisse dans l'errante nue

Ton charme cruel

Et garde de l'âme ingénue

Du plaisir mortel.