La nymphe de la source

Reynaldo Hahn

Si tes pas t'ont conduit vers l'heureuse vallée

Où la source murmure au milieu des roseaux,

Souviens-toi, voyageur, que sa paix embaumée

Est due à la fraîcheur qu'y répandent mes eaux.

Ce sont elles qui font les fleurs douces éclore.

Et verdir l'arbre vaste agréable à tes yeux,

Et si, dormant auprès de son âme sonore,

Tu vois, nue à tes pieds, la Nymphe de ces lieux,

Vénère-là. Reprends ton chemin sans offense,

Contente-toi de l'ombre où tu t'es abrité,

Du bruit mélodieux qui s'ajoute au silence

Et de la coupe bue à mon flot argenté.