Phyllis

Reynaldo Hahn

Depuis neuf ans et plus dans l'amphore scellé

Mon vin des coteaux d'Albe a lentement mûri;

Il faut ceindre d'acanthe et de myrte fleuri,

Phyllis, ta tresse déroulée.

L'anis brûle à l'autel, et d'un pied diligent

Tous viennent couronnés de verveine pieuse;

Et mon humble maison étincelle joyeuse

Aux reflets des coupes d'argent.

Ô Phyllis, c'est le jour de Vénus, et je t'aime!

Entends-moi! Téléphus brûle et soupire ailleurs;

Il t'oublie, et je t'aime, et nos jours les meilleurs

Vont rentrer dans la nuit suprême.

C'est toi qui fleuriras en mes derniers beaux jours:

Je ne changerai plus, voici la saison mûre.

Chante! les vers sont doux quand ta voix les murmure,

Ô belle fin de mes amours!