Thaliarque

Reynaldo Hahn

Ne crains pas de puiser aux réduits du cellier

Le vin scellé quatre ans dans l'amphore rustique;

Laisse aux Dieux d'apaiser la mer et l'orme antique,

Thaliarque! Qu'un beau feu s'égaye en ton foyer.

Pour toi, mets à profit la vieillesse tardive:

Il est plus d'une rose aux buissons du chemin.

Cueille ton jour fleuri sans croire au lendemain;

Prends en souci l'amour et l'heure fugitive.

Les entretiens sont doux sous le portique ami;

Dans les bois où Phoebé glisse ses lueurs pures,

Il est doux d'effleurer les flottantes ceintures,

Et de baiser des mains rebelles à demi.