Par les portes d'Orkenise

Robert Caby

Par les portes d'Orkenise

Veut entrer un charretier.

Par les portes d'Orkenise

Veut sortir un va-nu-pieds.

Et les gardes de la ville

Courant sus au va-nu-pieds:

« Qu'emportes-tu de la ville?»

« J'y laisse mon coeur entier. »

Et les gardes de la ville

Courant sus au charretier:

« Qu'apportes-tu dans la ville?»

« Mon cœur pour me marier.»

Que de cœurs dans Orkenise!

Les gardes riaient, riaient,

Va-nu-pieds, la route est grise,

L'amour grise, ô charretier.

Les beaux gardes de la ville

Tricotaient superbement;

Puis les portes de la ville

Se fermèrent lentement.