Fleur mourante

S. Fróes

Fleur mourante et solitaire,

Qui fus l'honneur du vallon,

Tes débris jonchent la terre

Dispersés par l'aquilon.

La même faulx nous moissonne,

Nous cédons au même Dieu:

Une feuille t'abandonne,

Un plaisir nous dit adieu.

Chaque jour le temps nous vole

Un goût, une passion;

Et chaque instant qui s'envole

Emporte une illusion.

L'homme, perdant sa chimère,

Se demande avec douleur

Quelle est la plus éphémère

De la vie ou de la fleur.