Une chanson d'orgue de barbarie
Wilhelm (Vilhelm) Eugen Stenhammar
Viens ici et écoute la mélodie
que je tisse amoureusement et avec bonheur.
Un jeune marin, un jeune marin
alla un dimanche soir au Zoo.
Là, il rencontra une fille belle et jolie,
et une fille si belle,
c'est la récompense d'un marin
pour le gémissement de toutes les tempêtes
sur les flots froids et verts.
Ils allèrent se perdre dans la forêt printanière
à la manière des marins et des filles
et s'assirent parmi les feuilles vertes
aussi délicieusement qu'au paradis,
et il demanda, et il obtint et et il prit,
comme un marin peut demander
et une fille peut donner
avec des ah, des mercis, des soupirs
et la douleur des larmes salées.
Et c'est la chanson pour l'année dernière,
et c'est la chanson pour cette année,
et c'est la chanson que nous aurons
aussi longtemps que ce monde existera
sous le bleu du ciel,
et le rouge des roses et le soleil,
et qu'une fille si superbe
et un jeune marin
dans les bosquets bienheureux du Zoo
se rencontreront.
Mais si l'on demande qui a composé
la mélodie de cette belle chanson,
je dis sans mentir
que c'est celui qui, tralala
et tralalère,
et tralali, qui actionne l'orgue de barbarie
(pour parler) d'une fille si jolie
et d'un marin parti sur la mer
et infidèle en esprit
comme l'est la nature infidèle des marins.