La violette

A. Choudens

Pourquoi m'arracher à la terre!

Je suis timide et solitaire;

J'embaume le vent du matin;

Bientôt sur ma tige penchée,

Je serai pâle et désséchée.

Épargne-moi jusqu'à demain.

Violette des prairies,

À ma bien aimée, à Marie,

Je voudrais t'offrir en secret.

N'est-ce pas douce destinée

De briller une matinée

Sue le velour de son corset.

Cueille-moi vite, je t'en prie;

Si je dois au sein de Marie

Exhaler mon dernier soupir,

Je ne me plains pas de mourir.