Le réveil

A. Cuvelier

Il fait déjà grand jour. Je devrais être levée.

Mais le sommeil du matin est doux et la chaleur

du lit me retient blottie. Je veux rester couchée encore.

Tout à l'heure j'irai dans l'étable. Je donnerai

aux chèvres de l'herbe et des fleurs,

et l'outre d'eau fraîche tirée du puits,

où je boirai en même temps qu'elles.

Puis je les attacherai au poteau pour traire

leurs douces mamelles tièdes; et si les chevreaux

n'en sont pas jaloux, je sucerai

avec eux les tettes assouplies.

Amaltheia n'a-t-elle pas nourri Dzeus?

J'irai donc. Mais pas encore.

Le soleil s'est levé trop tôt

et ma mère n'est pas éveillée.