Écoute s'il pleut écoute s'il pleut

A. Jamar

Écoute s'il pleut écoute s'il pleut

puis écoutez tomber la pluie si tendre et si douce

soldats aveugles perdus parmi les chevaux de frise sous la lune liquide

des Flandres à l'agonie sous la pluie fine la pluie si tendre et si douce

confondez-vous avec l'horizon beaux êtres invisibles sous la pluie fine

la pluie si tendre la pluie si douce

Les longs boyaux où tu chemines

Adieu les cagnats d'artilleurs

Tu retrouveras

La tranchée en première ligne

Les éléphants des pare-éclats

Une girouette maligne

Et les regards des guetteurs las

Qui veillent le silence insigne

Ne vois-tu rien venir

au Périscope

La balle qui froisse le silence

Les projectiles d'artillerie qui glissent

Comme un fleuve aérien

Ne mettez plus de coton dans les oreilles

Ça n'en vaut plus la peine

Mais appelez donc Napoléon sur la tour

Allô

Le petit geste du fantassin qui se gratte au cou où les totos

le démangent

La vague

Dans les caves