Amour

A. Jolivet

Ici et là, partout et même

Où n'étant plus tu es encor

Je te découvre et te ramène

Dans l'ombre étroite de ton corps.

Tu peux perdre ici ta présence

Et disperser ton mouvement,

Dans ta forme qui recommence

J'immobilise mon tourment.

Tu n'es plus ce nom, ce visage,

Cette colère, cette loi:

Tu conduis dans mon paysage

La saison qui n'aime que toi.

Je n'existe plus si je doute,

Ombre vive aux bras transparents,

Et si tu parles je n'écoute

Que le silence où je m'entends.