Je ne sais pas de fleur
A. Kunc
Je ne sais pas de fleur, ou de bois ou de plaine,
Qui dans ses blonds cheveux soit digne de s'ouvrir,
Qui sur son sein charmant soit digne de mourir,
Sous les tièdes parfums que verse son haleine.
Je ne sais pas de lin ou de soie, ou de laine
Dont le tissu léger soit digne de courir
Sur son épaule, et qui soit digne de couvrir
Les charmes infinis dont sa jeunesse est pleine.
Je ne sais pas de coupe aux bords si bien fouillés,
Rouge de sang divin des ceps ensoleillés,
Qui d'être présentée à ses lèvres soit digne.
Je ne sais de tapis, ou de tigre ou de cygne,
Qui soit, sous ses pieds nus, digne d'être jeté.
— Je ne sais pas d'amour digne de sa Beauté.