Élégie

A. Satie

J'ai vu décliner comme un songe,

Cruel mensonge,

Tout mon bonheur.

Au lieu de la douce espérance,

J'ai la souffrance

Et la douleur.

Autrefois ma folle jeunesse

Chantait sans cesse

L'hymne d'amour.

Mais la chimère caressée

S'est effacée

En un seul jour.

J'ai dû souffrir mon long martyre,

Sans le maudire,

Sans soupirer.

Le seul remède sur la terre

À ma misère

Est de pleurer.