Absence
A. Wormser
Tandis qu'au loin tu vis près du flot exultant,
Qui change en hymnes ses orages,
Mes jours où tu n'es plus sont pleins de toi pourtant
Comme un désert plein de mirages.
Je reste remué de vœux inassouvis,
Encombré de toutes mes heures,
Et suis comme arraché des endroits où je vis,
Sans être à ceux où tu demeures.
Ah! tu n'aurais pas dû m'inspirer de pitié.
Mon espoir fut trop téméraire;
Retombe, pauvre cœur, par toi seul châtié,
Dans l'immonde foule ordinaire.
Ainsi les jours fuiront et tu seras bientôt
Par le temps inerte envahie;
Et tâche, mon amour, car tu souffrirais trop,
D'oublier que tu t'es trahie!