Chanson de Septembre
B. Godard
Sur les sommets lointains obscurcis par ses voiles,
Le soir est descendu discret et familier,
Et la nuit, en riant, égrène ses étoiles,
Comme les perles d'un collier.
Là bas, près du coteau qui rayonne à sa vue,
La Lune a dénoué sa robe au pli changeant,
On dirait qu'elle hésite et tremble, l'ingénue,
Pour y poser son pied d'argent.
Tout dort, l'oiseau, la fleur et la grappe vermeille,
La brise caressante au bord du lac profond,
Et seul, dans la nature, il est un cœur qui veille
Au doux penser de ton doux nom.