Mélancolie d’automne
C. Durey
Voici déjà l'automne au long manteau de brume
précurseur de l'hiver.
Hélas que deviendrez-vous esprits de la lande
quand le froid sera revenu?
Plus de genêts dorés.
Plus de bruyères roses pour couronner nos fronts.
La source et le zéphyr n'accompagneront plus vos danses
au clair de lune.
L'étang glacé ne se ridera plus sous le souffle léger
de vos invisibles ailes.
Ô neige, cruelle neige ne fais pas fuir au loin les esprits de la lande:
Laisse-les plutôt s'endormir au creux des rocs.
Pour qu'au premier souffle du printemps
ils brisent leur prison de glace et s'envolent
Pour peupler à nouveau les recoins mystérieux de la vieille lande
qui sans eux ne seraient plus la lande.