Si vous respiriez l'air pur des Espagnes
C. Fournier
Si vous respiriez l'air pur des Espagnes,
Cet air embaumé, qui rend amoureux,
Si vous habitiez ces chaudes campagnes,
Où l'on voit errer des couples heureux,
[Où chaque Andalouse a des sérénades
Qu'avant de dormir il faut écouter,
Où les amoureux rossent les alcades
Qui ne voudraient pas les laisser chanter,]
Sous votre fenêtre ouverte à nuit close
J'irais soupirer les vœux de mon cœur.
Toujours dédaigneuse, à ta lèvre rose
Se dessinerait un rire moqueur.
[Mais tu m'entendrais, malgré toi, te dire
Que, pour un regard, j'irais Dieu sait où,
Que je me tuerais pour un seul sourire!
Que par un baiser... tu me rendrais fou!]