Hymne à la nuit
C. Koechlin
Les masses noires des arbres
ne bougent pas plus que des montagnes.
Les étoiles emplissent un ciel immense.
Un air chaud comme un souffle humain caresse
mes yeux et mes joues.
Ô Nuit qui enfantas les Dieux!
comme tu es douce sur mes lèvres!
comme tu es chaude dans me cheveux!
comme tu entres en moi ce soir,
et comme je me sens grosse de tout ton printemps!
Les fleurs qui vont fleurir vont toutes
naitre de moi. Le vent qui respire est mon haleine.
Le parfum qui passe est mon désir.
Toutes les étoiles sont dans mes yeux.
Ta voix, est-ce le bruit de la mer,
est-ce le silence de la plaine?
Ta voix, je ne la comprends pas,
mais elle me jette la tête aux pieds
et mes larmes lavent mes deux mains.