Un jour de juin, que j'étais soucieux
C. Koechlin
En robe grise et verte avec des ruches,
Un jour de Juin que j'étais soucieux,
Elle apparut souriante à mes yeux
Qui l'admiraient sans redouter d'embûches;
Elle alla, vint, revint, s'assit, parla,
Légère et grave, ironique, attendrie,
Et je sentais en mon âme assombrie
Comme un joyeux reflet de tout cela;
Sa voix, étant de la musique fine,
Accompagnait délicieusement
l'esprit sans fiel de ce babil charmant
Où la gaîté d'un bon coeur se devine.
Aussi soudain fus-je, après le semblant
D'une révolte aussitôt étouffée,
Au plein pouvoir de la petite Fée
Que depuis lors je supplie en tremblant.