Nocturne
C. Widor
Vers le sommet de la colline
Qui voile à nos yeux le couchant
Le soleil lentement décline
En des flots de pourpre et d'argent.
Allons rêver sous la ramure,
La brise apaise son murmure.
Des parfums montent vers les cieux
Dans le jardin silencieux.
Quand le soleil luit dans sa gloire
Qui donc pense à la fin du jour?
Ainsi naguère j'ai pu croire
A l'éternité de l'amour.
Vois, la lune aux blancheurs d'opale
Déjà surgit à l'horizon.
Et de sa clarté douce et pâle
Illumine le vert gazon.
Pareille à cette fleur de flamme
Dans les champs obscurs de la nuit,
Mon jeune amour s'épanouit
- Mon triste amour s'évanouit -
Dans les profondeurs de mon âme.
Tous les bruits se sont tus
Le silence du soir m'enchante
La fauvette ne chante plus.
- Écoute, le rossignol chante
L'amour passera
comme cette nuit étoilée -.
Comme le jour dans la vallée
Demain l'amour te reviendra
Puisque sur nous doivent éclore
L'ombre et la clarté
Tour à tour chantons en attendant l'aurore.