Nuit mystérieuse

Debussy, Claude

La nuit languisante a tissé ses voiles.

Dans le miroir de tes grands yeux,

Vers notre amour mystérieux,

Je vois se pencher les étoiles

Au balcon du cieux!

La Brise chante dans les feuilles

Un hymne de foi.

Les roses, pourquoi tu les ceuilles,

Se tendent vers toi?

Une ineffable poésie

Sur ton front pur vient se poser

Et l'ivresse de l'ambroisie

Se retrouve dans ton baiser!

La nuit langoureuse a mis ses étoiles

Dans le printemps délicieux.

Quittant pour un instant le ciel mystérieux:

Pure sans voiles,

L'étoile de l'amour se lève dans tes yeux.

Dormez, Mèlité l'ombre molle que le soir frisse

Telle un voile obscur accroche ses plis au vallons

Dormez près de l'eau, l'eau qui court sur les sables blonds

Parmis les roseaux, les jacynthes au robes lisses et les narcisses

Dormez, Mèlité: Sur vos chèvres blanches Pan veille

Car il est un dieu propice au tropeaux du berger.

Dormez, les rameaux bruissent dans le vent leger

J'entends bourjonner autour des rosiers et des treilles

Un vol d'abeilles

Dormez, car le chant des grillons et des sauterelles

au chant de la source au chant stridulé des oiseaux

Au chant murmuré de la brise sur les roseaux

Vous vous mieux bercer Mèlité lasse.

Moi je mele ma flûte grêle

Dormez au chant de la brise sur les mosseaux.