Lorsqu'elle est entrée
Debussy, Claude
Lorsqu'elle est entrée, il m'a semblé
Que le mensonge traînait aux plis de sa jupe ;
La lueur de ses grands yeux mentait,
Et dans la musique de sa voix,
Quelque chose d'étranger vibrait.
C'étaient les doux mots que je connais si bien,
Mais ils me faisaient mal et entraient en moi doulouresement.
Qui donc a usé son regard ?
Qui donc a fané la rougeur de sa bouche ?
D'où vient cette lassitude heureuse
Qui semble avoir brisé son corps
Comme une fleur trop aimée du soleil ?
Oh ! torturer une à une les veines de son cher corps !
L'anéantir et le consumer, ensevelir sa chair
Dans ma chair, avec la joie amère
De l'impossible pardon !
Tout à l'heure ses mains plus délicates que des fleurs
Se poseront sur mes yeux et tisseront le voile de l'oubli...
Alors mon sang rebattra, les plaies rouges
De mon cœur saigneront, et le sang montera,
Noyant son mensonge,
Et toute ma peine.