La rosée

T. Dubois

Choisissant le moment

Si calme de l'aurore,

Où dans l'apaisement

La nature est encore,

La Vierge conduisait

Son Fils sur la colline:

Ainsi le lui disait

La volonté divine.

Sur le bord d'un chemin

Penchait une églantine;

Jésus tendit la main

Pour l'avoir; mais l'épine

Qui protégeait la fleur

Le blessa comme une arme,

Et Lui, dans sa douleur,

La baigna d'une larme.

Depuis, toutes les fleurs

Que les nuits font éclore,

Le cœur baigné de pleurs,

S'éveillent à l'aurore,

Rappelant le passé,

La première souffrance

De Jésus-Christ, blessé

Dès sa plus tendre enfance!