Ariette
Duni
C'est une misère
Que nos jeunes gens!
L'âge dégénère;
Ah! le pauvre temps!
Quand j'étais dans ma jeunesse,
Que les amans
Étaient charmans!
Qu'ils avaient de politesse!
Ils étaient ardens,
Pressans.
On n'en voit plus de cette espèce,
On n'en voit plus de si galans.
Ah! le pauvre temps!
Chacun disait: ah qu'elle est belle!
Et me jurait amour fidelle...
A présent, eh! bien, eh bien...
On ne me dit plus rien, rien,
Rien.
Il n'est plus d'amour sincère,
Il n'est plus de cœurs constans;
L'âge dégénère;
Ah! le pauvre temps!
Tout est vanité,
Faste sans largesse,
Plaisirs sans gaîté,
Amour sans tendresse,
Leur délicatesse
Est dans leur santé.
Ah! ah! ah! ah! sur mes vieux ans,
Quel pauvre temps!